L'église de Raedersheim

La page d’histoire qui suit a pu être réalisée entre autre grâce au travail important de recherche de plusieurs historiens locaux effectué principalement à l’occasion des cérémonies du centenaire de l’église en 1982.

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L’église et ses Saints


De mémoire d’homme, la communauté chrétienne de Raedersheim a dépendu de l’Eglise Paroissiale de Feldkirch.

Elle était desservie par un vicaire y résidant.

En 1666, le village put s’ériger en paroisse autonome, mais la paroisse mère garda certaines prérogatives jusqu’à la Grande Révolution.

Le premier édifice de culte, une chapelle de style roman datant du XIIe siècle et remaniée en 1490 fut démolie en 1881 pour faire place à l’église néo-gothique actuelle sur les plans de l’architecte colmarien Charles Winkler.

Le coût du bâtiment était de 45 000 Francs or, les meubles et boiseries de 10 000 Mark.

Le presbytère jouxtant l’église est alors une ancienne maison paysanne du milieu du XVIIIe siècle et qui sert aujourd’hui de Mairie.

En 1968, l’évêché de Strasbourg n’étant plus en mesure de pourvoir au remplacement du curé retraité, la paroisse de Raedersheim a de nouveau été rattachée à l’Eglise-mère de Feldkirch, dont elle fut d’ailleurs une filiale près d’un millénaire.


 

En 1982, pour ses 100 ans, l’église a subit un grand lifting, intérieur et extérieur.

Les travaux ont été étalés sur une dizaine d’années et ont coûté plus de 600 000 F de l’époque.

Les habitants ont pris 60% des dépenses à leur charge.

Les Saints Patrons


Les saints patrons de la paroisse de Raedersheim sont
Saint Projet (ou Saint Prix) et Saint Amarin, Projectus
et Amarinus en latin. 

Qui sont ces Saints, assez méconnus et dont les vitraux ornent le chœur de l’église ?


Saint Prix, un nom tellement variable qu’on a du mal à s’y retrouver tout de même.
Saint Prix quand on est en Ile de France.
Saint Preils quand on est en Saintonge et
Saint Priest dans la région lyonnaise,
également Saint Projectus ou Saint Projet en Charente.

Evêque de Clermont en Auvergne, il fonda plusieurs monastères et un hôpital.

Comme il avait excommunié le comte d’Auvergne pour un rapt qu’il avait commis, le comte porta d’affreuses calomnies contre le prélat auprès du roi Childéric II ,
« roi fainéant » et fils de Clovis, qui convoqua l’évêque.

La vérité éclata et le ravisseur eut la tête tranchée.

Comme Saint Prix revenait dans son diocèse, au village de Volvic, il fut arrêté par une bande de vauriens à la solde de la famille du décapité.

Ils tuèrent Marin (ou Amarin) qui accompagnait l’évêque en croyant qu’il s’agissait de lui.

Au moment où ils s’éloignaient, Saint Prix leur signala l’erreur.

Ils l’abattirent à son tour.

Cela se passait le 25 janvier 676.


Saint Amarin ou Saint Marin pour certains, a fondé un modeste couvent avec une église dans la vallée de la Thur vers l’an 625.

A Pâques 675, Amarin, âgé, fut guéri miraculeusement par Projectus, l’évêque des Arvernes, qui se rendait à la cour du roi Childéric II.

Il décida de l’accompagner pour rencontrer son destin sur la route de Volvic.

Il fut béatifié avec l’évêque Projectus et leurs noms se trouvèrent ainsi associés.

Les reliques de Saint Amarin traversèrent les siècles exposés tantôt à Murbach, tantôt à Thann, tantôt dans la ville qui porte son nom dans la vallée de Thann, Saint Amarin.

Les cloches de l’église


Le clocher possède trois cloches.

Les deux plus petites furent descendues du clocher par les Allemands en 1917 afin d’être fondues et converties en canons, mais elles furent retrouvées après la guerre et ramenées triomphalement à Raedersheim.

Il a tout de même fallu débourser 2165 F pour récupérer l’une d’elles entreposée à Frankfort.


La plus petite cloche date de 1806.

Elle porte l’effigie de la Vierge avec l’enfant Jésus d’un côté, le Christ en croix avec Sainte Madeleine de l’autre.

Pesant 7 quintaux, sa tonalité est le « LA ».

Enfin, elle porte l’inscription suivante en français:

« L’an 1806, j’ai été bénite par Mgr Ignace Bellome, curé desservant cette paroisse. Mon parrain a été Pierre Bonèque, fils du Maire de Bitschwiller et ma marraine Agathe Wassmer de Willer.

Jan Lachner, maire de la commune de Willer et Françis Bornèque maire de Bitschwiller. »


La cloche moyenne date de 1826, mais fêlée, elle fut refondue en 1946.

Elle est vouée au Sacré-Cœur et à Saint Joseph dont elle porte les effigies, ainsi que le Christ en croix.

Elle pèse 10 quintaux et sa tonalité est le « FA ».

Elle porte également une inscription en français:

« Fondue en 1826, vouée au Sacré-Cœur et à Saint Joseph, je dois en 1946 au bon soin de nos fidèles ma neuve robe d’airain. Mesdames Achille Dubich et Joseph Ebersol, Messieurs Joseph Nico et Léon Werner furent mes parrains et marraines.

G. Metzger, ancien curé et Paul Kuentz, curé de Raedersheim ».


Enfin, la grande cloche, la plus ancienne, date de 1780.

Elle pèse 14 quintaux et sa tonalité est le « DO ».

Elle porte une inscription en latin contrairement aux deux autres dont le texte est en français.

La voici, traduite:

« Je loue le Dieu véritable, j’appelle les fidèles, je convoque le clergé, je pleure les morts, je mets en fuite la peste, j’embellis les fêtes et je retiens les fantômes quand les vents assemblent les gros nuages d’orage et qu’ils veulent infliger la destruction de la récolte des champs.

L’an du Seigneur MDCCLXXX. »


Détail de la moyenne cloche avec le Christ en croix

L’orgue Callinet


La commune de Raedersheim s’enorgueillit à juste titre de posséder un authentique orgue Callinet datant de 1842.

Les frères Callinet, Joseph et Claude-Ignace, originaires de Rouffach, étaient reconnus généralement comme les premiers facteurs d’orgue de France.

Le traité pour la construction portant sur 2500 F fut conclu le 25 novembre 1841 avec la commune.

Le procès-verbal de réception du 9 novembre 1842 de Théodore Thurner, organiste à Soultz, constate que les frères Callinet en ont fait plus que ne le prévoyait le devis.

Aussi, après délibération du Conseil Municipal, la somme de 2700 F fut finalement réglée aux frères Callinet le 27 décembre 1842.


L’orgue fut installé dans l’ancienne église romane jusqu’à sa démolition en 1881.

En 1882, l’instrument prit place dans la nouvelle église où on le voit toujours aujourd’hui.

On a estimé que cet orgue, privé de l’entretien le plus élémentaire, mériterait une étude sérieuse par un bon facteur d’orgue.

Le clavier et les montres en zinc ne sont plus d’origine, mais il est probable que le reste le soit.

Aussi cet orgue vient-il d’être rénové par les frères Steinmetz, facteurs d’orgue à Dachstein (Bas-Rhin).

L’orgue rénové a été inauguré le 4 avril 1976.

Cette réfection de l’orgue a couté à la Paroisse de Raedersheim plus de 20 000 F.